La Lucidité (CADRE VERT)

Category: Livres,Les Prix littéraires,Prix Nobel de littérature

La Lucidité (CADRE VERT) Details

Au lendemain des élections municipales organisées dans la capitale sans nom d'un pays sans nom, la stupeur s'empare du gouvernement: 83% des électeurs ont voté blanc.Incapables de penser qu'il puisse s'agir d'un rejet démocratique et citoyen de leur politique, les dirigeants soupçonnent une conspiration organisée par un petit groupe de subversifs, voire un complot anarchiste international. Craignant que cette "peste blanche" ne contamine l'ensemble du pays, le gou-vernement évacue la capitale. L'état de siège est décrété et un commissaire de police chargé d'éliminer les coupables - ou de les inventer. Aussi, lorsqu'une lettre anonyme suggère un lien entre la vague de votes blancs et la femme qui, quelques années auparavant, a été la seule à ne pas succomber à une épidémie de cécité, le bouc émissaire est tout trouvé. La presse se déchaîne. La machine répressive se met en marche. Et, contre toute attente, éveille la conscience du commissaire.

Reviews

Les amateurs de J. Saramago apprécieront ce roman découpé en fait en deux parties : l'une sur la narration et les conséquences politiques du vote blanc massif aux élections (ce qui n'est pas sans rappeler une certaine actualité), la deuxième sur l??infiltration par la police du pseudo-groupe subversifs soi-disant à l'origine de ce vote, avec un étonnant rapprochement avec un précédent roman : l'aveuglement. Tous les ingrédients typiques de Saramago sont là : une narration tout en douceur et en fluidité, l'intervention dans le récit du narrateur-écrivain commentant ses propres choix d'écriture, une capacité à imaginer des situations un peu absurde mais à en tirer le fil jusqu'au bout avec une certaine logique, une dénonciation du bulldozer du pouvoir face à l'impuissance du peuple et des individus.Ceux qui ne connaissent pas bien Saramago pourront cependant être décontenancés : des personnages sans nom, une écriture en continu sans les marques typographiques classiques des dialogues (ce qui nécessite un temps d'adaptation mais ne nuit pas à la compréhension), une fin qui ne résout pas nécessairement toutes les pistes ouvertes au début du roman.