Category: Livres,Romans policiers et polars,Romans policiers
77 Assassins Details
Je m'appelle Damien Hachett : 34 ans, légiste et, à peine sorti de ses diplômes, catapulté médecin chef à l'Institut Médico-Judiciaire. Tard le soir, entre deux macchabées carbonisés ou livrés coupés en morceux dans un joli paquet cadeau, j'écris aussi des bouquins. Jusqu'à ce qu'une nuit, mon plus vieux lecteur, à qui j'ai dédicacé le 77ème exemplaire de mon premier roman, m'attende sagement sur ma table d'autopsie. Bien...et maintenant, que les ennuis commencent !

Reviews
"Une fois qu'on a passé les bornes, il n'y a plus de limites" disait A. Allais. Justement ...Qualifier ce roman d'inclassable, c'est effet peu dire ... Je connais mal l'auteur dont je n'avais lu qu'un précédent roman "d'anticipation" avec une projection plutôt crédible sur le devenir de la médecine mais en revanche, je connais un peu le milieu de la recherche ( mais dans le domaine des sciences dites "dures") et donc je ne me suis pas méfiée. Même si ce type d'a priori est vraiment peu glorieux, je pense que j'ai été rassurée par les titres universitaires, la formation d'excellence dont H, Duboc est issu.Lorsque l'on annonce un roman déjanté, on imagine un humour malgré tout rationnel sans pour autant être aseptisé, un humour disons "motivé" et toujours "dans la limite des stocks disponibles". Or là on est clairement hors contrôle. Je n'ai pas envie d'attribuer une note qui serait très basse et perçue comme une sanction (pour quoi faire ?) mais je tenais à partager cette expérience de lecture parce que finalement lorsque l'on parcourt les courts extraits disponibles sur internet, on imagine un écrit décalé mais drôle et surtout inoffensif. J'ai le sentiment d'avoir induite en erreur.De toute évidence, c'est un ouvrage qui séduit avec probablement une aptitude à saisir le second degré que je ne possède pas. En toute franchise, j'ai été mise à la torture pour réussir à le finir alors que je suis plutôt une lectrice assidue et relativement éclectique. C'est vraiment dommage (c'est plus de l'ordre du regret donc que de la déception) car en choisissant cet ouvrage, je comptais bien sur une entracte entre deux livres plus austères, une occasion de retrouver le sourire et un peu d'énergie vitale.Non seulement j'ai rarement ri mais je suis bien souvent restée en apnée devant ce déferlement de brutalité verbale notamment (à deux doigts d'une franche vulgarité parfois), même s'il s'agit là d'une fiction. Avec le recul, ce qui me semble dérangeant indépendamment de l'histoire, c'est que tout est sujet à des jeux de mots si bien qu'il n'y a plus aucune place pour la spontanéité. Au bout de quelques chapitres, la lecture devient réellement laborieuse.Dans ce livre, tout est prémédité tout en revendiquant une forme de légèreté (je suppose). C'est une histoire torturée et torturante. On est dans l'invraisemblance la plus totale (c'est peut-être le charme de ce livre, charme que je n'ai pas su percevoir ...) mais une invraisemblance qui peut vraiment déranger. C'est donc un ouvrage possible : la preuve ; par contre, il est destiné à un public averti et consentant. Pour ma part, le destin de ce bouquin jaune est celui préconisé dans le roman à savoir "être rangé tout au fond de ma bibliothèque, loin des regards". C'est une expérience de lecture que je ne renouvellerai pas. J'en reste là avec cet auteur.Sans rancune bien sûr ! Ne pas plaire à tout le monde, je pense que c'est plutôt bon signe. Bonne route.

